16 mai 2012
Nos premiers pas au Pérou
202 nuits dans notre camion - 18.825 kilomètres parcourus avec lui
Nous arrivons au Pérou après un passage de frontière un peu lent mais sans problème. Nous ne pensions pas que le Pérou imposait un contrôle sanitaire, lui aussi, n'avions donc rien caché de nos fruits et légumes frais. Le contrôleur a peut-être eu pitié de nous, ou bien nous lui étions sympathiques, mais en tout cas il nous a laissé partir avec nos provisions.
Nous voici donc au Pérou. Les costumes, les gens et les maisons changent peu, le paysage aussi. Il faut dire que nous sommes toujours au bord du lac Titicaca. Sur la route vers Puno, nous nous arrêtons à Chiquito où nous visitons le temple de la fertilité dans lequel se trouvent de petites statues de phalliques. Nous ne faisons que passer à Puno pour y retirer des soles, la monnaie péruvienne et continuons notre route vers le canyon de Colca. On nous a beaucoup venté la cuisine péruvienne, mais nous sommes déçus de nos premiers "almuerzo". Par rapport à la Bolivie, la qualité est moindre, le riz est pâteux et sans goût…
Nous entrons à Chivay, la première ville du canyon de Colca, en soirée, mangeons puis continuons notre route jusqu'au "mirador" de Cruz del Condor, où on nous pourrons admirer quelques condors des Andes majestueux survolant le canyon le matin. Puis nous prenons nos renseignements afin de descendre dans le canyon le lendemain. Avant neuf heures du matin, l'aube pour nous, nous sommes fins prêts et entamons notre randonnée sous le soleil. Il nous faudra finalement 3 heures et quinze minutes pour vaincre l'éprouvante descente. Heureusement, à mi-chemin, un homme et sa mule nous rattrapent et nous propose ses services, que nous acceptons immédiatement! Voilà donc Lou-India en selle! Elle commençait à trouver la descente un peu longue, et la promesse de la baignade dans la piscine à l'arrivée ne suffisait plus à la motiver pour continuer. Jade et moi sommes arrivées les dernières, moi avec les genoux en compote, j'ai bien cru que j'allais m'évanouir avant la fin… A l'arrivée, notre pique-nique, une bière fraîche et la piscine sont… bien insuffisants pour nous redonner l'énergie nécessaire à la remontée à pied. Nous envoyons donc Guillaume - qui est encore en pleine forme, à se demander s'il a parcouru le même chemin - à la recherche de trois mules pour nous faire remonter. Nous sommes dimanche et pas n'importe lequel: c'est le dimanche de la fête des mères au Pérou, et toutes les mules sont en-haut du canyon, dans la ville de Cabanaconde, avec les "madres" pour faire la fête. Heureusement, quelques hommes sont restés en-bas et font redescendre des mules en catastrophe. Nous avons rendez-vous à 15 heures pour la remontée.
Guillaume, Maximilien et Némaiah prennent la décision de remonter à pied. Ils partent à 14 heures et nous les rattrapons à 16 heures trente, à mi-chemin. Némaiah monte sur une mule et Maximilien sur une autre. Seul Guillaume, pour qui les efforts physiques insoutenables sont un vrai plaisir, continue à pied. Durant la remontée, nous pouvons observer des condors tourbillonner autour de nous et apprécier le pénible labeur des admirables mules qui suent bien dans la montée difficile! Nous arrivons en-haut et il ne nous reste plus qu'une demi-heure de marche afin de retrouver notre camion. Nous ne sommes pas encore descendus de nos mules quand Guillaume arrive, résistant, comme une admirable mule! Plus tard, il m'avouera que c'est la randonnée la plus difficile de tout le voyage, jusqu'à présent, et le lendemain, il est tout de même un peu cassé.
Le soir, nous reprenons notre camion vers le super bivouac "del Cruz del Condor" en espérant revoir quelques condors le lendemain matin, avant de quitter le canyon pour aller chercher Amandine, Amaury et Esteban à l'aéroport d'Arequipa pour deux semaines de voyage dans le camion vert.
BH
00:37 Publié dans Pérou | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
De Potosi au lac Titicaca en passant Sucre
198 nuits dans notre camion – 18.372 kilomètres parcourus
A Uyuni, nous continuons nos découvertes culinaires : du lama au barbecue, du "api": une boisson à base de maïs rouge et de cannelle, des "bunelos": sorte de beignets de pâte de maïs, un peu gras mais délicieux. Nous trouvons des objets artisanaux originaux et jolis, et en profitons pour faire quelques courses sur le marché, dont du tissus typique de la région utilisé par toutes les femmes pour porter les bébés aussi bien que pour porter les marchandises à vendre sur le marché ou faire les courses ou encore transporter une bouteille de gaz… Nous en ferons une autre utilisation: une nouvelle housse de siège pour remplacer celle qui est déchirée à force de passage et un tapis de sol pour le confort de nos petits pieds lorsque nous dormons en altitude et qu'il fait froid le soir et le matin.
En Bolivie, le prix du gasoil est environ trois fois plus cher pour les "extranjeros" que pour les boliviens. Nous essayons à chaque fois de ne pas payer le prix fort (plus d'un euro le litre) et négocions avec le pompiste. Certaines fois cela fonctionne et nous faisons le plein directement à la pompe, mais d'autres fois, le pompiste n'est pas d'accord, alors nous sortons notre jerrycan de 20 litres pour le faire remplir un nombre maximum de fois, et le verser dans notre réservoir. Quand on dit que le temps c'est de l'argent… à Uyuni nous avons mis deux heures pour ajouter 7 bidons dans notre réservoir! Nous réussissons aussi à remplir notre seconde petite bouteille de gaz, mais toujours pas notre grand réservoir à GPL.
De Uyuni à Potosi, nous empruntons une toute nouvelle piste asphaltée sur quasi sa totalité! Quel bonheur! Les enfants peuvent enfin travailler en roulant. Nous passons la nuit sur l'ancienne route en terre qui est répertoriée sur notre GPS, au lieu de la nouvelle!
À Potosi, comme prévu, nous revoyons Joss et Laureen. Guillaume les accompagne pour une visite des mines d'argent, d'étain, de cuivre. Les enfants et moi préférons ne pas y aller car on y respire des gaz nocifs, il y fait très chaud. Les trois en reviendront très fatigués. Nous aimons beaucoup cette jolie ville avec ses églises coloniales, son ambiance agréable, ses "comedors", son "mercado". Le soir, comme le camion est garé dans la cour fermée d'un hôtel, nous couchons les enfants et en profitons pour sortir entre adultes. Nous goûtons le "Ron Abuelo" et chantons quelques chansons au karaoké, ça fait du bien!
De Potosi à Sucre, la route est toujours asphaltée. Sucre est la capitale constitutionnelle et c'est là que l'indépendance du pays a été proclamée en 1825. Nous y retrouvons enfin de vraies maisons, de jolis immeubles anciens. Propre, amicale, tranquille et majestueuse, nous l'apprécions beaucoup. Les enfants adorent tout particulièrement les statues en lions de la Grand Place qui remplacent la plaine de jeux, les masques traditionnels du musée MUSEF et la mini tour "Eiffel" du "Parque Bolivar", réplique miniature de la grande parisienne construite par Eiffel lui-même, au sommet de laquelle nous pouvons monter sans faire la queue!
C'est également à Sucre que nous pouvons enfin remplir notre réservoir à GPL, certes pas de manière très orthodoxe car il a fallu faire tourner une pièce pour pouvoir connecter un tuyau depuis l'embout de remplissage directement sur une bouteille de gaz. On connecte la bouteille de gaz, on l'ouvre et on lui met la tête à l'envers sur une chaise ou sur le porte-vélo à l'arrière en équillibre… Pour le "vidage" de deux bouteilles de dix litres, comptez environ une heure trente…
Avant de quitter Sucre et ses faubourgs, nous décidons de rendre une petite visite aux dinosaures. Comme nous arrivons trop tard, nous bivouaquons devant l'entrée du parc des dinosaures, qui est aussi le parking de l'usine Fancesa, une cimenterie dont les ouvriers ont découvert les empreintes de dinosaures en creusant la roche. Ce n'est pas notre plus joli bivouac, au milieu des camions en stationnement, mais il a le mérite d'être pratique, sur un terrain plat et devant la cahute du gardien!
Le lendemain, après la visite du parc, nous allons chercher la housse de coussin déposée la veille chez le couturier, qui n'est pas prête. Guillaume entreprend donc de démonter la table pour la troisième fois depuis le début du voyage, afin d'en faire ressouder les pieds. Nous mangeons nos "almuerzos" à côté en patientant. Après avoir récupéré la table et la housse du coussin dont la fermeture éclair a été cousue du mauvais côté (Simone, ça ne vaut pas ton travail!), nous nous mettons en quête de la route qui mène à Oruro.
Comme nous ne voulons pas reprendre la route Sucre – Potosi, nous nous renseignons, et après plus d'une heure de recherche dans la ville, découvrons une petite piste cahoteuse…. Ça nous manquait! Nous voici en route pour Punilla et la Cordillera de Los Frailes. Les paysages sont encore une fois somptueux. La route est en très mauvais état mais nous continuons malgré tout car des camions l'empruntent et passent dans la gadoue sans trop de problème. Nous passerons la nuit devant la petite église de Chataquilla, un œil bienveillant, c'est toujours rassurant!
Après avoir emprunté un début de petit chemin précolombien, nous reprenons la route vers Oruro, qui est encore très très longue, surtout à 10/15 kilomètres à l'heure! Nous roulerons quasiment la journée entière et ne parcourrerons que 60 kilomètres! Nous sommes retardés en passant dans le petit village d'Ocuri car c'est le jour de la fête du Tinku. Costumés, les habitants dansent dans les rues et les bloquent. Nous attendons que le passage se dégage puis nous sommes à nouveau bloqués quelques centaines de mètres plus loin. Les fêtards boivent beaucoup et nous assistons à une bagarre. Un homme nous demande de le prendre en stop, Guillaume accepte mais je refuse. Je verrouille toutes les portes et refuse de laisser monter qui que ce soit pour quelque raison que ce soit à cet endroit. La fête du Tinku est connue pour être une fête violente, même les guides touristiques dissuadent les voyageurs d'y assister. Nous y avons perdu du temps, mais avons eu la chance de passer sans abîmer notre camion.
En arrivant à Oruro, nous nous connectons sur internet pour voir où sont Laureen et Joss que nous devions retrouver. Vu la lenteur de la piste, nous avons pris 3 jours pour rejoindre la ville et nous pensons qu'ils sont déjà repartis. C'est une toute autre nouvelle qui nous attend ce soir-là. Celle du décès de Ludo, le cousin de Guillaume, un mois et demi après avoir appris qu'il n'y avait plus rien à faire. La ville d'Oruro, ville minière, nous paraît tellement grise que nous la quittons rapidement. Nous rassemblons notre courage et parcourons les 25 kilomètres qui nous séparent des termes d'Obrejas où nous attendent des bains chauds le lendemain.
Les jours qui suivent, l'ambiance est tristounette dans le camion vert, comme un gros vague à l'âme qui nous atteint tous. Et le trajet qui va nous mener jusqu'à La Paz ne nous remontera pas le moral. Régulièrement le long de la route, des blocages de manifestants nous empêchent de passer. A chaque fois, il faut négocier, patienter, essayer de rigoler pour détendre l'atmosphère afin de rallier plus rapidement la capitale. Cela ne fonctionne pas trop mal jusqu'à l'entrée de la ville où nous sommes définitivement bloqués et où aucune discussion ne pourra nous laisser passer. Heureusement, nous reconnaissons le camion blanc de Martine et Jean-Marc, et passons la soirée à discuter avec eux, en attendant que les manifestants ne lèvent le camp. Vers 22 heures les feux de pneumatiques allumés par les manifestants sont éteins et la route est dégagée. Malgré les feux allumés dans les rues, les nombreux cailloux répandus sur le bitume et le nombre considérable de manifestants, à aucun moment nous ne nous sommes sentis menacés. L'image de la Bolivie est celle d'un peuple honnête, amical et droit. Nous continuons notre chemin et traversons La Paz de nuit jusqu'à sortir de la ville et même au-delà, car le même genre de blocage est prévu pour le lendemain; or nous ne souhaitons pas être bloqués à nouveau. Minuit est largement passé lorsque nous nous arrêtons sur une petite place le long de la route. Nous sommes au bord du lac Titicaca!
Nous traversons l' "Estrecho de Tiquina" afin de rejoindre l'autre rive du Titicaca et la ville de Copacabana, toujours en Bolivie. Les magnifiques vues du lac nous apaisent un peu.
C'est la fête lorsque nous arrivons à Copacabana, la fanfare et les danseurs sont dans la rue. Les voitures sont décorées de bouquets de fleurs et baptisées à l'alcool devant la jolie cathédrale dans laquelle il est malheureusement interdit d'allumer des bougies. Copacabana est très touristiques, mais elle nous permet de trouver quelques jolis objets d'artisanat et une bonne connexion internet, même si le cœur n'est pas à la mise à jour de notre site.
Demain, nous entrerons dans le quatrième pays de notre voyage: le Pérou, dont la frontière est située à neuf kilomètres de Copacabana.
BH
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09 mai 2012
En hommage à Ludo

L'Astro, première planche de Ludo, et de Guillaume, à 18 ans
03:07 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
30 avril 2012
San Pedro de Atacama et départ vers la Bolivie
un article que j'avais oublié d'ajouter sur le site, à intercaler...
168 nuits dans notre camion – 16.009 kilomètres parcourus
De retour à San Pedro, nous nous offrons encore quelques petits plaisirs avant de quitter le Chili: Guillaume fait une balade à vélo avec les enfants dans la Valle de la Muerte où je les retrouve le soir accompagnée des Géo et de Joss & Lo, pour admirer un splendide coucher de soleil dans la Valle de la Sal, fêter nos retrouvailles et y passer la nuit.
Le lendemain, après un repérage des lieux à vélo par les hommes, nous louons des "boards" pour descendre les dunes de sable, cela s'appelle du sandboard. Comme sur la neige, les surfs glissent et nous dévalons les dunes. Par contre, pas de tire-fesse ni de télésiège pour la remontée, il faut remonter à pieds, le sandboard, contrairement au surf, se mérite! Guillaume a une idée géniale pour les petits – et les grands - : il descend son ancienne et première planche à voile "astro" du toit du camion. Pour la voile, elle sert maintenant aux planchistes en herbe que sont Maximilien et Jade, et à d'autres qui s'y sont essayés sur le "Lago Roca". Mais là, elle a servi à descendre les dunes de sable, à 4, 5 ou dessus, avec un bon fartage, ça descend bien! Que d'émotions! Et quand il faut la remonter, sous le soleil, c'est du sport!
Un dernier resto tous ensembles et nous décidons de quitter San Pedro de Atacama et le Chili pour passer en Bolivie après avoir pris nos renseignements auprès des agences locales sur l'état des pistes. Tous nous disent qu'elles sont en "malo estado", mauvais état, mais cela passe apparemment, donc on y va! Laureen et Joss se joignent à nous après maintes hésitations pour ce passage qui promet d'être encore très aventureux!
Nous repassons donc la douane chilienne pour la dixième fois et entamons notre ascension vers la douane bolivienne, 2000 mètres plus… haut! Il commence à pleuvoir à San Pedro quand nous sommes prêts à partir mais cela ne nous arrête pas. Il faut savoir que dans ces régions-ci, quand il pleut, la plupart des pistes sont impraticables, elles se transforment en gadoue et la jolie balade en véritable calvaire. Elles sont même parfois fermées lorsqu'il pleut. Cela ne nous décourage pas. Si la piste est mauvaise, nous rebrousserons chemin vers SP de Atacama dans le pire des cas! Arrivés à 3500 mètres d'altitude, la pluie se transforme en neige et recouvre les collines et quebradas d'un joli manteau blanc! Nous poursuivons notre ascension sur la route asphaltée et arrivons en début de piste. Nous sommes à 4600 mètres, la neige tombe toujours. Nous nous installons pour la nuit qui est tombée, les deux camions côte à côte, et commençons à préparer le repas. La neige semble s'arrêter. Nous sommes enthousiastes et positifs pour le lendemain: il fera grand soleil!
Tout le monde est bien au chaud dans le camion et pendant que l'eau des pâtes chauffe, un Monopoly version voyage est en cours. Mais quelques temps plus tard, les lumières bleues caractéristiques des carabineros attirent notre attention. Nous attendons, regardons, mais c'est bien vers nous qu'elles se dirigent. Très sympathiques, les gendarmes chiliens nous demandent où nous allons et nous alertent sur les dangers de rester là, en bordure de piste, sous la neige. La neige peut tomber pendant la nuit et nous empêcher de redémarrer le lendemain. Sur leur conseil, nous rejoignons la route principale et nous stationnons sur un parking. Ils nous ont un peu fait peur, mais nous restons positifs pour le lendemain: il y aura du soleil!
BH
19:43 Publié dans Bolivie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
De Tupiza au Salar d'Uyuni
184 jours dans notre camion – 16.975 kilomètres parcourus
Nous sommes finalement tous arrivés à Tupiza, une charmante petite ville bolivienne, après 9 jours magnifiques, inoubliables et périlleux dans le Sud Lipez. Nos pneus ont beaucoup souffert sur les mauvaises pistes du Sud Lipez, mais en-dehors de cela et du carter percé de Joss et Laureen, aucune casse à signaler, ça tient du miracle!
Nous passons quelques jours à Tupiza, contents d'être à nouveau entouré de monde, avant de reprendre la route, toujours une piste, vers Uyuni et son salar. Nous profitons des petits vendeurs de rue. Des licuados: fruits mixés avec du lait, des gelatinas con crema: joli au regard mais desquels nous nous méfions de prime abord.

Finalement, Jade se lance et en goûte une: c'est délicieux. La crema est en réalité un mélange de jus de citron vert, sucre et lait fouetté. Les jus d'oranges frais pressés dans la rue, les tartelettes au citron et crème, les cakes, les gâteaux verts, les salades de fruits, les brochettes de lama grillé, les hamburguesas a la carne ou a l'huevo con papas fritas, le mote local accompagné de galettes de maïs, les almuerzos pris en compagnie des boliviens où les touristes n'ont étonnamment pas l'air de s'aventurer et autres découvertes gustatives sont un réel plaisir, pour quelques bolivianos. J'apprécie d'autant plus que je suis en congé culinaire! Après l'Argentine et le Chili où les restaurants étaient très chers.

Selon des informations récentes, il reste pas mal d'eau dans le salar, mais nous ne résistons pas à la tentation d'aller le voir, puisque nous n'en sommes pas loin! Nous arrivons juste à temps pour voir le coucher du soleil. Pendant que les grands et les parents admirent cette incroyable étendue blanche, les petits font des pâtés de… sel! Puis, ils chaussent leurs bottes, il reste pas mal d'eau, pour pouvoir aller y patauger. Némaiah, dont une botte reste coincée dans la boue de sel, se retrouve d'ailleurs les fesses dans l'eau!

Nous voyons des camions y entrer pour la récolte du sel, et en ressortir sans problème. Guillaume est très motivé pour y circuler avec notre camion, mais moi, je reste sur la mauvaise expérience du Salar de Pocitos, et je me laisse une nuit pour y réfléchir, mais a priori, ce sera non. Le soir, dans notre camion, toujours en bord de salar avec Joss et Laureen, nous voyons arriver deux énormes semi-remorques qui ressortent chargés de sel! Finalement, on pourra peut-être y aller, nous aussi. D'autant plus que Guillaume a tout prévu: il a fait la "fumigacion" nécessaire pour protéger le camion de la corrosion qui pourrait être provoquée par le sel en roulant sur la saline. C'est une technique qui consiste à nettoyer le véhicule avant de projeter de l'huile usagée sur toutes les parties métalliques en-dehors de la carrosserie. Avant que Joss et Laureen quitte notre camion pour rejoindre leur camionnette jaune, la décision est prise: nous irons dans le salar le lendemain avec notre camion!
Le matin, trop paresseux pour se lever aux aurores et admirer le soleil se lever sur l'étendue blanche, nous nous réveillons tranquillement et la question se repose une ultime fois: on y va, on n'y va pas? Les deux semi-remorques qui passent alors devant nous achèvent de nous convaincre: on y va!
Et c'est parti, avec à bord trois danois, Joss et Lo, on se lance dans l'aventure, non sans un frisson! Je pars en repérage afin de voir quel niveau atteint la "gadoue de sel". J'indique à Guillaume à quel endroit passer. Le camion ne bouge pas, ça ne mouline pas, ça a l'air de bien rouler même! Après l'entrée assez critique, le reste du salar est dur comme du béton, c'est un vrai billard, un rêve pour nous qui venons de parcourir plusieurs centaines de kilomètres sur des pistes exécrables!
Dans l'immense étendue d'un blanc éblouissant, nous branchons le gps car il n'y a pas de piste à proprement parler, et une fois que tout autour de nous est blanc, il est très difficile de s'y repérer. Nous ressortons donc en suivant nos propres traces sur le gps.
Yes, we did it: on a roulé en camion sur le Salar d'Uyuni!

BH
02:02 Publié dans Bolivie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
22 avril 2012
Bienvenido a Bolivia!
172 jours – 16.373 km
Le lendemain, vendredi 13, nous nous réveillons dans nos camions respectifs, à 4600 mètres d'altitude (notre record pour dormir au moment ou j ecris!), après une nuit mouvementée, sous un soleil timide mais bien présent! Il fait 6,5 degrés dans le camion, nous branchons le chauffage et prenons notre petit déjeuner. Joss va inspecter la route: elle est sèche. Le soleil perce de plus en plus, nous prenons la décision d'entamer la piste vers la douane bolivienne.

Les camions démarrent sans trop de problème; à cette altitude, il y a toujours un petit stress le matin. Heureusement, nous avions pensé à ajouter de l'antigel dans le liquide de refroidissement du radiateur car la température extérieure a dû descendre légèrement sous zéro.
Nous passons la douane bolivienne, la piste n'est pas pire que ce que nous avons connu jusqu'à présent, elle est sèche et la neige n'a pas tenu. Je suis à nouveau allongée, la nuit à 4600 mètres, c'était un peu trop haut tout de même. Le mal de crâne est bien présent et rien ne le fait passer, même pas les comprimés pour soulager le mal des montagnes. A cela vient s'ajouter des nausées et une faiblesse générale. Guillaume est au volant, toujours en forme. Après un comprimé de paracétamol codéiné puis un autre d'ibuprofen, cela va un peu mieux. Nous un peu en altitude, nous sommes à 4400 mètres.
Nous entrons dans la Reserva andina de la fauna. D'abord la Laguna Blanca,

d'un blanc étincelant, avec quelques flamands roses. La Laguna Verde se trouve juste à côté, nous faisons une pause pour manger au mirador.
Bain dans les termes à 4400 mètres le soir, sans personne à l'horizon, après le départ des maudits 4X4 de tourisme.

Le lendemain, nous profitons encore de l'eau chaude: Guillaume remplit notre réservoir à eau non potable avec l'eau de la source et nous prenons tous une bonne douche tiède. Il faut dire que depuis que nous avons quitté San Pedro, nous n'avons pas eu le luxe de prendre de douche chaude, l'eau étant chauffée au gaz, nous l'épargnons au maximum jusqu'au remplissage de notre grand réservoir à GPL. Une autre petite baignade et nous quittons les termes pour les geysers bouillonnants et boueux roses, gris, bleus, bien différents de ceux del Tatio.
Les Montagnes aux sommets enneigés nous entourent et n'arrêtent pas de jouer à cache-cache avec nous sur les pistes!
Juste après les geysers, nous devons passer à la douane pour recevoir le document d'importation temporaire pour le camion. Le poste se trouve à 5020 m d'altitude, plus haut que le plus haut mont européen: le Mont Blanc. C'est aussi notre record en altitude!
La Laguna Colorada, multicolore et aux couleurs changeantes en fonction du moment de la journée, et ses dizaines, voire centaines de flamands roses, nous éblouit! Nous y passons la nuit suivant, à 4320 mètres.
La nuit à 4746 mètres – 3 degrés dans le camion au réveil
Laguna celeste mauvaise piste escaliers, passages à gué, grosses ornières. Joss et Laureen laissent leur camionnette en bord de piste pour nous rejoindre dans le camion. La piste devient tellement mauvaise qu'effectivement, un véhicule tout-terrain s'impose. Nous pensons aux Géonautes qui, en camping-car n'auraient pas pu passer à cet endroit. Mais nous sommes enchantés par cet lac azur aux petites plages. Et cette pause revigorante sous le soleil nous fait du bien et nous fait oublier les cahots subits le long de la route pour y arriver. Le Sud Lipez se mérite, nous commençons à comprendre toute la véracité de cette phrase!
Et pourtant, nous n'étions pas au bout des difficultés. Plus loin, la piste devient vraiment horrible, cauchemardesque: on ne compte plus les passages à gué, montées raides, flancs de montagne très étroits, crevasses en flanc de montagne, rochers qui dépassent sur route étroite, bref, un vrai cauchemar éveillé! Le paysage est aussi exceptionnel que la piste, mais nous n'en profitons pas pleinement car nous sommes concentrés sur le chemin.
Jos et Laureen ont bien eu du mal à monter sur un chemin boueux après un passage à gué, on a sorti les plaques, mais les roues avant patinaient dessus. Laureen a fait une marche arrière jusqu'avant le rio, puis a foncé yeux presque fermés. On n'y croyait pas, mais elle est arrivée à monter jusqu'en haut, sans s'arrêter et sans tomber dans le ravin. Entre-temps, un des 4x4 des agences de tourisme a absolument voulu passer à côté de la camionnette jaune qui barrait un peu le passage. Pour cela, il a pris un dévers énorme et a bien failli basculer sur la camionnette. Quelle frayeur!
BH
21:56 Publié dans Bolivie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Calama
166 jours – 15969 km
A Calama, ça a été la grosse galère pour avoir du gaz. En résumé: on a fait tourner un adaptateur pour les bouteilles par un tourneur, qui n'a pas fonctionné, on a négocié, on a attendu, on y est retourné, on a même presque prié… Finalement, nous avons nos deux petites bouteilles de gaz remplies, ce qui nous permet de tenir environ quatre semaines.
Pendant ce temps, nous espérions pouvoir visiter la mine de Chuquicamata, la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert. Tout y est complètement démesuré: des camions gigantesques pouvant transporter 400 tonnes, aux 2.500 tonnes de cuivre pur à 99,99% extraits par 24 heures et vendu, pour la majeure partie en Asie par plaques de 175 kilos.


Dans la région de Calama, nous allons voir les pétroglyphes de Chug-Chug: d'anciens dessins réalisés il y a entre 500 et 1000 ans en pierres dans les collines désertiques.

Après un super ravitaillement en courses car Calama est la dernière ville où trouver des supermarchés avant la Bolivie où, apparemment, les supermarchés se feront rares, très rares, et un change de Pesos chiliens en Bolivianos, nous reprenons la direction de San Pedro de Atacama, où nous retrouverons Laureen & Joss (http://josslo.blogspot.com/) et Les Géonautes, quittés pour les premiers en novembre et les seconds il y a deux mois, avant de prendre la direction du Paso Mina Horsu vers la Bolivie.
BH
21:49 Publié dans Chili | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Cinquième et dernière entrée (?) au Chili par le Paso de Chico!
165 nuits dans notre casa rodante – 15821 kilomètres parcourus en Argentine et au Chili
Nous prenons la route vers le Paso de Sico qui doit nous mener au Chili à travers de jolis paysages et un col à 4500 mètres. En route, nous nous arrêtons au coucher du soleil au lac Tuyajto pour admirer les flamands roses et le lac lui-même majestueux.

Nous arrivons de nuit à l'entrée de la réserve nationale Los Flamencos. Réserve qui comprend deux jolis lacs sur fond d'Andes, où nous n'avons pas vu un seul flamand rose! Par contre, les hordes de touristes déversés par des minibus étaient bien au rendez-vous… Passage un peu décevant, nous avons préféré de loin Tuyajto où nous étions seuls et tranquilles et où nous pouvions nous balader hors des sentiers balisés.

Arrivés à San Pedro de Atacama, nous devons repasser à la douane, car au "poste avancé" du Paso de Sico, les Carabineros ont pris nos noms, nos passeports, contrôlé le véhicule, fait tout un cirque pour le contrôle sanitaire qui n'a jamais été aussi drastique (j'ai bien cru qu'ils allaient trouver tout ce qu'on avait planqué, cette fois-ci!), mais n'ont pas apposé dans notre passeport le tampon d'entrée sur le territoire chilien. Pas non plus de document d'importation temporaire pour le véhicule. Et dire qu'il n'y passe que 5 à 6 personnes par jour!

À San Pedro, pas non plus de distributeur de gaz, après avoir trouvé du wi-fi, nous nous dirigeons vers Calama, où il y a peut-être moyen de trouver du gaz. Nous sommes jeudi et notre seconde petite bouteille se terminera lundi, ou un peu plus tard en étant économes. San Pedro est un joli petit village à touristes, avec des tas d'agences qui proposent entre autres, l'excursion phare de la région: les geysers del Tatio. Les touristes prennent un bus à 4 heures du matin pour parcourir 4 heures de jolies mais très mauvaises pistes, grimper de 2440 à 4320 mètres d'altitude, arriver donc à 8 heures pour se faire cuire un œuf dans les geysers crachant leur eau à plus de 80 degrés Celsius et repartir une heure plus tard pour les 4 heures de route retour… ça vous laisse rêveurs hein? Et bien moi pas!

Nous avons quitté San Pedro en fin d'après-midi, après avoir péniblement ajouté 40 litres dans notre réservoir de Diesel à la mini-Copec, pour prendre la route vers les Geysers del Tatio. C'est sûr, la piste est mauvaise, ça monte fort, y a de la tôle et des ornières, mais les paysages en valent la peine. Nous décidons de nous arrêter près d'un petit lac où nous voyons des vigognes, des flamands roses et de gros oiseaux aquatiques noirs dont j'ai oublié le nom. Le clou du spectacle, en fond de décor, c'est le volcan dont le cratère crache ses belles fumeroles jaunes! Ce sera notre bivouac pour la nuit, à 4238 mètres d'altitude, notre record jusqu'à présent. A cette altitude, il fait froid la nuit et quand nous nous levons le matin, le sol est gelé, l'eau en surface aussi, et il fait 7 degrés dans le camion. Mais personne n'a eu froid, ce n'est pas la première fois que nous dormons en haute altitude et nous prenons maintenant nos précautions, parce qu'avec les 40 litres de diesel que Guillaume a demandés à la pompe, on va arriver tout juste à Calama. On ne peut, encore une fois, pas se permettre de consommer le moindre litre pour se chauffer!
Nous voilà donc repartis, de bonne heure, les enfants endormis à l'arrière, car nous ne voulons pas croiser sur la route les bus de touristes qui redescendent de geysers. Nous arrivons à 9 heures, un exploit pour nous, à l'entrée du site, et déjeunons devant nos premiers geysers fumants dans le froid du matin. Il n'y a plus personne sur le site, nous sommes seuls, c'est le bonheur.
Nous entreprenons la visite des geysers les plus hauts du monde en altitude, à notre aise et découvrons un peu plus loin un couple et ses deux enfants dans une piscine chaude alimentée par l'eau des sources. Nous nous baladons encore un peu puis déplaçons le camion près de la piscine. Le couple s'en va et nous avons le site pour nous six! Ce sera notre deuxième bain en altitude, à plus de 4320 mètres! Les enfants sont ravis et les petits ne veulent pas en sortir. Némaiah en sort cyanosé et crie pour y retourner… mais le site est grand: plus de dix kilomètres carrés, et nous allons voir les autres fumeroles avant de repartir vers Calama où nous dormirons devant le "Lipigas" en attendant son ouverture!
BH
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09 avril 2012
La région des Salars du Nord-Ouest argentin
161 nuits dans notre camion – 15432 kilomètres parcourus
Après nos émotions et une bonne nuit réparatrice en bord de piste 27 où passent une dizaine de camions par jour maximum, nous reprenons la direction de Tolar Grande.

Son nom prometteur nous fait miroiter profusion d'eau, de fruits, de légumes, bref, un ravitaillement digne de ce nom. Mais de Grande, Tolar n'a que le nom. Les deux petites boutiques offrent peu de produits frais et un minimum de denrées sèches. Même pas de lait en poudre, auquel nous nous sommes bien habitués car il est plus pratique que le lait en brique, on le trouve en principe partout, du moins ce fut le cas jusqu'à présent, et il prend bien moins de place que les Tetrapak qui fuient sur les mauvaises pistes!

Avant d'arriver à Tolar, nous faisons un stop à l'Ojo del Mar, l'œil de la mer. Ce sont de petites salines magiques par leur beauté et leurs couleurs. Deux ou trois petites mares bleutées reflètent les montagnes et collines alentours sous le soleil couchant. C'est un spectacle inoubliable, et comme bien d'autres paysages du Nord-Ouest Argentin, le calme et la majestuosité du site me feraient monter les larmes aux yeux si je ne les retenais.
Le lendemain, munis d'une sommaire carte de la région, nous entreprenons de nous rendre au Tunnel del Hombre Muerto. Un nom pas tout à fait rassurant. À l'aide de coordonnées GPS – ah, l'aventure n'est plus ce qu'elle était! – nous nous rapprochons le plus possible du fameux tunnel.

La piste est très mauvaise et les quelques traces que nous apercevons nous font dire que très peu de véhicules s'y aventurent à cette époque de l'année où la terre est encore humide. À plus d'une reprise, nos roues patinent, et une fois, nous pensons bien y rester; mais le blocage des différentiels nous sauve encore! A près d'un kilomètre du but, nous renonçons à continuer, au risque de nous enliser pour la seconde fois dans ce qui ressemble bien à un salar, à mille milles de tout engin des travaux publics susceptible de nous tirer de ce mauvais pas! C'est donc à vélo que Guillaume continue pour aller explorer le tunnel.

Nous ressortons de la piste par nos propres traces lorsque nous estimons qu'elles sont bonnes et nous cherchons un autre chemin pour éviter l'endroit critique. Nous rejoignons la piste principale pour traverser un autre salar, celui d'Arizaro, afin de rejoindre le cône d'Arita, encore une fois sous un soleil couchant.

Nous passerons la nuit près du Cône, au campamento Mansfield, un campement qui étudie un projet de mine d'or et de cuivre. Perdus au milieu de nulle part, nous sommes bien accueillis, on nous propose la douche chaude, l'internet, l'électricité et le lendemain, un repas, et un guide pour nous mener sur la bonne piste, car nous voulons voir la Mina Casualidad sans devoir revenir sur nos pas.

Soledad et Normando nous précèdent dans leur 4x4 et nous laissent quelques dizaines de kilomètres plus loin, au bord d'une autre piste, très sableuse celle-ci, qui nous permettra de rejoindre une route, la Ruta Provincial 27, asphaltée à l'époque de la création de la mine pour rejoindre la ligne de chemin de fer, 65 kilomètres plus loin. Les paysages sont encore une fois superbes, nous traversons un désert de montagnes, de dunes de sable et un autre salar.

Nous nous amusons bien avec notre 4x4 à rouler dans la terre sableuse. Nous sentons bien qu'il "mouline" de temps en temps, mais rien de bien méchant ni stressant, nous savons que notre monture a le potentiel pour y passer!

C'est sur la route asphaltée, à 5 kilomètres de la mine que nous décidons de nous arrêter pour passer la nuit. Quasiment personne n'y vient, nous sommes donc certains de ne pas être dérangés. Par contre, je stresse tout de même un peu en me disant qu'en cas de problème (nous sommes à une altitude de plus de 4200 mètres), il n'y aura personne non plus pour nous aider; pas de connexions wi-fi évidemment ni de signal gsm et nous ne possédons pas de radio!
Heureusement, le lendemain, notre Mercedes démarre assez vite, même si en altitude, on ne peut pas dire que ce soit un démarrage au quart de tour!
Le matin, à ces altitudes, il fait environ 10 degrés dans le camion. Mais comme nous économisons le diesel, ainsi que la batterie, (on ne sait jamais), nous ajoutons des pulls et ne branchons pas le chauffage!

Sur le retour, nous retraversons le salar d'Arizaro par une autre piste. Le soleil est en train de se coucher et je ne traîne pas sur cette mauvaise piste en tôle. En chemin, nous rencontrons un semi-remorque qui s'est ensablé, ce n'est pas très rassurant…
La boucle est bouclée quand nous arrivons à Tolar Grande, riches de quelques expériences aventurières supplémentaires. Le lendemain, avant de quitter, nous cherchons la station-service. Pas de "YPF" nationale en vue. Après renseignements, il y a bien un distributeur de carburant. Il se résume à 3 bidons avec une pompe manuelle et un entonnoir devant une maison.

Nous n'osons pas demander plus des 40 litres qui devraient nous suffire pour arriver jusqu'à San Pedro de Atacama, au Chili.
BH
17:15 Publié dans Argentine | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
07 avril 2012
Les Salars
158 nuits dans notre camion – 15005 km parcourus
Après notre petit repos aux banos de Pompeya, nous reprenons la ruta 51 puis la 27 en direction de Tolar Grande.

La piste n'est pas très bonne, j'ai vraiment l'impression de me répéter beaucoup en disant cela… mais c'est ainsi.

Nous passons encore dans des paysages magnifiques: un désert de sable rouge, des dunes rouges, un décor de film dont je n'aurais même pas osé rêver!

Tout va bien, nous sommes enchantés. Il n'y a pas de circulation sur ces routes en-dehors de quelques camions qui apportent des pierres à une quarantaine de kilomètres de Tolar Grande, pour en extraire du lithium. Guillaume me prévient: c'est la Grande Aventure qui commence ici!

Nous arrivons au petit bourg de Pocitos et au bord du salar du même nom. Les enfants, contents de revoir un salar (saline en français correct) veulent s'arrêter et marcher sur le sel. Guillaume, aux commandes, entreprend de s'arrêter afin de contenter la smala qui scande à l'arrière. Et là, c'est la catastrophe! En voulant se mettre de côté, les deux roues droites de notre camion tombent littéralement dans la gadoue et s'enlisent dans le salar! Le camion est bien penché. Marche avant, marche arrière, rien n'y fait, le camion ne bouge plus. Je suis un peu énervée car j'avais indiqué un endroit qui me semblait plus approprié pour s'arrêter…

Nous sortons du camion et nous rendons compte que, loin d'être du sel dur, les bords de la piste sont en réalité de la gadoue où l'on s'enfonce facilement, même à pied! On se calme, on sort les pelles et les plaques et c'est parti: nous commençons à dégager les roues afin de pouvoir y glisser les plaques, le marchepied aussi, tout est inondé de boue ultra-collante, d'un magma de sel et de terre. Très vite, un poids-lourd s'arrête et les conducteurs viennent nous prêter main forte. En une demi-heure les plaques sont placées, tous les espoirs sont permis pour nous sortir de là. Guillaume se met aux commandes, marche arrière toutes et bam, le camion retombe et s'enlise de plus belle!

Le voilà penché à 45 degrés, il est maintenant impossible d'être à l'intérieur et d'y circuler sans tomber! Il est 19 heures, la nuit commence à tomber et nous n'avons plus d'espoirs quant au fait de pouvoir le sortir de là sans l'aide d'un gros moteur.
Je demande au camionneur s'il peut nous sortir avec son camion, mais il me dit que non. Il précise qu'il y a une machine qui refait les routes au village de Pocitos, à deux kilomètres de là. Il m'emmène, nous parcourons les 2 kilomètres qui nous séparent du village en semi-remorque et en marche arrière, sur la piste du salar! Pendant ce temps, je discute avec les chauffeurs qui me disent qu'il ne faut jamais s'arrêter sur cette piste. Il y a deux jours, un semi-remorque s'est enlisé de la même façon que nous et il a fallu plus d'une machine pour l'en sortir. Tout cela n'est pas très rassurant…
Nous arrivons et trouvons rapidement le machiniste qui a terminé sa journée et n'a pas envie du tout de ressortir sa machine pour venir nous tirer de ce mauvais pas. Après beaucoup d'insistance de la part du routier et de la mienne, il se décide à sortir sa grosse machine avec son collègue. Nous repartons en camion, en marche avant cette fois-ci vers Guillaume et les enfants, pas effrayés du tout par ce qui vient de se passer. Les camionneurs nous laissent, nous les remercions vivement, heureux qu'ils nous aient aidés alors qu'ils bossent 18 heures par jours, 6 jours par semaine!
Il commence à faire froid et j'habille les enfants chaudement en attendant l'arrivée de la machine qui est très lente. Au fur et à mesure que ses phares avancent vers nous, mon cœur bat de plus en plus vite. Va-t-elle pouvoir nous tirer de là, ou va-t-on devoir chercher un autre moyen de nous en sortir?
Je mets les enfants à l'écart en les prévenant que cela peut être impressionnant. J'ai dans la tête un défilé d'images des plus réjouissantes au plus catastrophiques… Les gras arrivent, nous mettons les plaques les unes au-dessus des autres devant la roue avant droite, ils attachent le câble métallique à l'avant de notre camion. Guillaume se met au volant, le machiniste prend les commandes de son bolide, je reste près des enfants pour les rassurer, ou peut-être pour me rassurer moi-même… et c'est parti. La machine démarre, le câble se tend, le camion glisse dans la boue puis enfin la roue avant droite sort, suivie par la roue arrière! Ça y est, le soufflé de stress retombe et des larmes de joie me montent aux yeux! Nous sommes sauvés.

Mais ce n'est pas encore tout à fait terminé. Nos plaques, qui ont aidé le camion à sortir, sont maintenant ensevelies sous la boue. Il commence à faire sombre et il devient difficile de les retrouver. Nous tâtonnons à l'aide des pelles et finissons par en trouver une… qui est tellement recouverte de boue que nous nous aidons de notre camion pour l'extirper. La seconde est restée bizarrement quelques mètres plus loin, et est un peu voûtée. Elles sont toute collantes de boue, très lourdes et Guillaume a bien du mal à les refixer sur le toit du camion.

Il est 20 heures 30 quand nous reprenons la route. C'est moi qui m'y colle. Il faut maintenant traverser le salar dans lequel nous nous sommes enlisés dans la nuit complète, et trouver un bivouac en bord de piste juste après la sortie du salar… Quelles émotions et quelle chance nous avons eue!

BH
23:41 Publié dans Argentine | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



















